Éditions

code EAN :
9782351220610


Parution : 20/01/2010
format 13x20
192 pages
17 euros
» Commander « retour
Email Facebook Twitter Google Plus

La Révolution du Grand Renoncement

Fabien Ollier et Nathalie Vialaneix

«Le Grand Renoncement est l'alpha et l'oméga d'une véritable révolution qui n'a eu, pour une fois, ni démiurge, ni dictateur, ni utopie, ni idéal, ni suite glorieuse, ni suite macabre, mais qui a décapé l'humain comme un acide.»
Ce roman d'anticipation à deux voix nous plonge dans un univers où la vie humaine, laminée par l'expansion technique et marchande, renonce volontairement à soi-même. Au point que le «je», dans la bouche de l'homme, se conjugue désormais à la troisième personne, donnant la mesure de la mutilation intérieure. Au point que son existence virtuelle a pris le pas sur sa vie réelle!
«On fonçait dans le rien, on fonçait dans le vide, on se ruait dans le plaisir et la jouissance, autant d'efforts pour tuer le désir.»

Cauchemar dans le droit prolongement de notre monde, cette satire où s'entremêlent ironie et anxiété est avant tout un appel impérieux à résister au conditionnement qui nous mène vers le règne mortifère de l'objet.

Fabien Ollier, né en 1973, est directeur de publication des revues Mortibus et Quel Sport? Il est actif depuis plus de dix ans dans l'écriture et l'édition militantes de pensées critiques. Ce premier roman restitue dans un langage plus sensible que conceptuel les thématiques qui lui sont chères : la question de la vie mutilée, du corps désincarné, de la mort-dans-la-vie.

Nathalie Vialaneix, née en 1967, est psychologue et enseignante. Elle a collaboré à la revue
X-Alta. Elle aussi publie ici, avec ce texte insolite écrit en collaboration, son premier roman.

 

Presse :

Le «Je» est mort. «Je» n'existe plus. Parti. Envolé. Ecrabouillé. Dématérialisé. Je, c'est on, nous. N'importe qui. Tout le monde. Plus personne. Je, dans ce roman d'anticipation – mais rien n'est moins évident –, Je, donc, se conjugue à la troisième personne. Cela donne: «j'était seul », «tu es ce que j'était», etc.
L'humanité n'est que marchande. L'homme a renoncé. Le mot – l'idée de – Résistance a disparu. L'enfer est advenu.
Ecrit à quatre mains, dans une langue torturée, dénaturée (comme nous?) La Révolution du Grand Renoncement chamboule une vision passive du monde, bouscule la littérature.

Martine Laval - Télérama.fr

Extrait :

Je suis un Porteur. Le Porteur de la volonté de l'objet, le Porteur de son âme, de sa vie comme de sa mort, de ses résurrections, de ses épiphanies. Je deviens un Nous et ce Nous m'oublie, m'évacue, me jette. Ce serait mentir si je vous disais être un Porteur parmi tant d'autres, parce que je suis le premier Porteur, le premier réconcilié. J'ai théorisé, spiritualisé, objectivé la plus magnifique aventure post-humaine vécue jusqu'à présent: je suis le Porteur de la Révolution du Grand Renoncement. Pourquoi les objets me convoquent avec tant d'ardeur pour écrire cela maintenant? J'ai 92 ans et je devrais le savoir, mais à quoi bon tenter de faire renaître ce qui est inerte en moi depuis si longtemps? Il en est ainsi. Il doit en être ainsi. Les objets savent ce qu'ils font, leurs convocations ne tombent pas par hasard; les déterminations sont soupesées dans des rouages qui chaque jour font la preuve du plus juste conditionnement. Les objets sont les seuls à vouloir et désirer, sans inconscient. Sans danger. Ce qui est bon ou mauvais, l'intelligent ou le stupide, le beau ou le laid, le juste ou l'injuste, les élus et les autres, tous les objets en ont une idée infiniment plus précise que ce que les humains ont pu formuler dans leurs manuels les plus sophistiqués. Les objets ont une véritable histoire! Le vouloir des hommes, quant à lui, les a toujours rendus aveugles et pré-historiques; il les a menés comme des bestiaux vers des enfers tragiques et inutiles, improductifs et contreperformants. Maintenant, à l'aube de ce nouveau millénaire, les comportements de bêtes humaines sont définitivement derrière nous; la Révolution du Grand Renoncement s'achève presque totalement et le rideau s'ouvre sur un nouveau théâtre vivant. Là, le vouloir humain est allé au plus près de l'infini, de l'absolument autre sur cette Terre: il a vaincu le vouloir humain. Il ne l'a pas nié, il n'a pas voulu le néant, il l'a désintégré au point qu'il n'en reste pas même le rien. Plus une trace de son identité, pas même la trace de l'effacement de cette trace. Autre chose. Autre homme. Les Porteurs; Le Porteur. Grâce à mon Grand Renoncement… ce premier et quintessenciel pas vers l'abandon total, entier, de mon vouloir. La plus belle libération jamais vécue, le souffle le plus cosmique de tous les temps!