Éditions

code EAN :
9782351220504


Parution : 17/02/2009
format 13x20
144 pages
13 euros
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Dévoration

Louis Mandler

«Purger sa peine de tout ce qui y croupit.» Ce roman dévoile graduellement la personnalité souterraine d'un monstre ordinaire : un monstre victime de la monstruosité du monde, et qui tente de l'éradiquer. Notre société barbare confrontée à un terrorisme qui ne l'est pas moins, pouvons-nous continuer à croire en un avenir?

À la fois plongée dans les abîmes de l'âme humaine et critique puissante de notre époque vouée au culte de l'Argent («l'homme du XXe siècle a inventé en structures ce qu'il a perdu en sensibilité»), cette impétueuse Dévoration est également celle d'une langue inspirée qui s'acharne à dépecer notre âpre réalité.

Louis Mandler est né en 1971. Il a publié en 2004 Sus aux immondes, aux éditions Panormitis, et l'Humanité sans sépulture, aux éditions Sulliver, en 2008.

Presse :


Dévoration de Louis Mandler. On entre dans un labyrinthe dont on ne sort pas indemne. «Il n'y a pas d'espoir, il n'y a que l'erreur » dans une pérégrination aux tréfonds de l'être et une approche lucide du monde d'hier et aujourd'hui.
Christiane Passevant - Radio Libertaire

Aux alentours de ce livre, je ne vois rien qui vaille, qui veille, qui vive ou qui me plaise encore que cette poésie-là.
Nicolas Mourer - Chroniques rebelles

Un livre qui fait écho à "L'humanité sans sépulture" du même Louis Mandler (Sulliver) mais aussi à des professions de foi telle celle émise par FP Mény, également publié chez Sulliver. Des soubresauts humanistes face à notre société en pleine mutation et en plein chaos.
Marielle Lefebure – Critiques Libres

 

Extrait :

Oh! Mourir! Revienne la solidification rédemptrice de la haine! Je hais les farces égoïstes qui avancent comme une machine broie les corps disposés à l'avance sur la chaussée, condamnés parce qu'ils sont jeunes, déchiquetés parce qu'ils sont faibles, parce que c'est drôle; je hais les bizutages, je hais les hommes qui rient des pleurs d'enfants; je haïrai toujours les forts, pour l'incurable bêtise de leur froide intelligence, pour l'incontinence de leurs décisions, la maigreur de leurs yeux, leur appétit de chiens ayant dévoré leur maître et obéissant à leurs intestins, leurs actions sans poitrail, sans respiration et sans cœur; je les hais d'une telle mesure que la coupe se vide et se remplit à volonté, avec une effrayante maîtrise de l'irréfréné, une capacité de donner forme à cette sorte de concentré pulsionnel de poix chargée, de magma étiré comme une poche de placenta que je destinerai à recouvrir une assemblée, un palais, une armée, la planète entière.
Tous les hommes si dépendants, vulnérables dans l'affirmation même de leur autorité, humains si touchants, les inconscientes expositions de leurs failles, de leurs douleurs cachées, de leur cœur brisé, oui, ces mots-là, lorsqu'ils parlent de lutte, lorsqu'ils affirment leur courage, lorsqu'ils vous haïssent, vous injurient, vous méprisent, la tendresse qu'ils inspirent, leur pauvre humanité, tant de fractures mal remises, raboutées, cals de travers, leurs difformités qui sautent aux yeux et eux qui ne voient rien, qui s'affichent et parlent de plus belle, leur triste vérité, la mienne, pourquoi est-on si peu à voir, à dire, à vivre? Leur incapacité à entendre ces mots-là, ils s'effondreraient aussitôt, vaine tendresse, est-ce l'humanité toute entière qu'il faut exterminer?