Éditions

code EAN :
9782911199110


Parution : 30/06/1996
format 11x17
128 pages
11 euros
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Champavert, le lycanthrope

Petrus Borel

Suivi du Camp des Tartares, par Marc de Montifaud

«Jamais langue ne posséda une puissance évocatoire plus implacable. Ce sont nos haines à nous, auditeurs en petit nombre, qui sifflent dans Champavert, et non les haines d'un seul. On le sent dès la première page, ce poète nous venge de l'ordre social et le lecteur l'écoute avec ivresse se faire l'écho de ces malédictions qu'il ne peut formuler que tout bas, et qui le font tressaillir d'aise lorsqu'elles revêtent l'exultant langage de Petrus Borel.» (M. de Montifaud)

Mentionné dans l'Anthologie de l'humour noir d'André Breton en ces termes: «Livre sans équivalent, mystification lugubre, plaisanterie d'une terrible imagination».

Extrait :

Le monde, c'est un théâtre : des affiches à grosses lettres, à titres emphatiques, hameçonnent la foule qui se lève aussitôt, se lave, peigne ses favoris, met son jabot et son habit dominical, fait ses frisures, endosse sa robe d'indienne, et, parapluie à la main, la voilà qui part; leste, joyeuse, désireuse, elle arrive, elle paie, car la foule paie toujours, chacun se loge à sa guise, ou plutôt suivant le cens qu'il a payé, dans le vaste amphithéâtre, l'aristocratie se verrouille dans ses cabanons grillés, la canaille reste à la merci. La toile est levée, les oreilles sont ouvertes et les cous tendus, la foule écoute, car la foule écoute toujours; l'illusion pour elle est complète, c'est de la réalité; elle est identifiée, elle rit, elle pleure, elle prend en haine, en amour, hurle, siffle, applaudit; en vain, quelquefois, sent-elle qu'on l'abuse et s'arme-t-elle de sa lorgnette, elle est myope, rien ne peut détruire son illusion et sa foi qu'exploitent si galamment les comédiens.