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code EAN :
9782351220283


Parution : 16/11/2007
format 15x22
264 pages
25 euros
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Prémices de l'Europe
VIe - XIIIe siècles

Robert Lafont

Depuis sept siècles que les Etats corsètent l'Europe en leur armure, depuis cinquante ans qu'ils essaient, de traité en traité, de se dépasser sans se renier, il est temps de rappeler que ce continent est aussi fait d'espaces, de routes, de peuples, de langues et de cultures.

Sur cette carte dépliée et dans cette histoire sans bornage, Robert Lafont parcourt les grands mouvements humains qui nous ont faits, Européens, uns et divers, qu'il s'agisse d'invasions successives, de guerres inexpiables, de crimes dynastiques ou de vagues de création culturelle qui émergent et déferlent.

Robert Lafont, (1923 - 2009) professeur honoraire de l'université de Montpellier et docteur honoris causa de l'université de Vienne, a produit une œuvre en deux volets, l'un littéraire en langue d'oc, l'autre scientifique en français et en d'autres langues. Historien de la littérature, il s'est intéressé à l'ensemble de la tradition occitane et à la poésie baroque; historien des sociétés et militant des espaces économiques, il a également payé de sa personne dans les mouvements populaires de la fin du XXe siècle. Robert Lafont a également publié, aux éditions Sulliver, L'État et la Langue / Europe, Antiquité-XVIIe siècle (2008).

Presse :

Lo libre de Robèrt Lafont es passionant que se legís parier d'un roman tot estent clafit de detalhs e… d'istòrias que ne fan una mena roman que vos dona l'enveja de passar lèu lèu a la pagina d'après per saupre coma se va acabar! E s'acabarà pas que nos dona una clau qu'es l'obertura per la cultura!
Glaudi Barsotti – La Marseillaise

Le meilleur compliment que l'on puisse faire à Robert Lafont, sans doute parce qu'il est celui auquel l'auteur s'attend le moins, est d'affirmer que son essai sur les passionnants, complexes et sanglants débuts de l'Europe se lit comme un véritable roman. [...] Prémices de l'Europe, surtout quand son auteur déroule, avec une érudition et un plaisir parfaitement visibles, la trame pour le moins complexe de l'histoire des premiers siècles du Moyen Âge, me fait penser à l'un des ouvrages les moins connus de Léon Bloy, Constantinople et Byzance, pour lequel le Mendiant ingrat accumula des lectures encyclopédiques.
Juan Asensio - Stalker

 

Extrait :

Ce livre est le récit d'une genèse. Il la prend au moment où Rome flambe aux torches des Wisigoths. Il va la suivre dans la bousculade des pouvoirs germaniques et dans le lit défait de l'Empire. Puis il suivra ce replâtrage de latinité à la truelle monastique qui traversera six siècles, jusqu'à ce que deux descendances linguistiques le craquèlent: la néo-latine, bariolée de dialectes, et la germanique, qui prend au latin l'écriture. Six siècles d'une latinité qui n'oublie pas tout de ses origines, parle toujours d'Empire et de consulats, et lit Cicéron ou Virgile. Mais six siècles recouverts d'une épaisseur de latinité cléricale qui met jusqu'aux profondeurs de la Germanie l'homme en prière dans les intervalles des guerres et des massacres. Si l'on se fie aux seuls témoignages qu'on ait sur ce long temps d'ombre, il semble que l'homme n'y ait connu de lumière que de Dieu et qu'il n'ait vécu que de crimes dynastiques en oubliant l'amour terrestre, guerroyant mâle et oubliant sa part féminine, où réside le mal depuis un certain péché en Eden ressassé en images d'Enfer.
Mais le Midi revient et troue le Nord. l'Islam apporte l'Antiquité hellénique et orientale en ses bagages, et la déplie sur l'Espagne et la Sicile. Le Nord le repousse et se suture à Poitiers et Narbonne. Un immense conflit a commencé, pour des siècles. Jésus et Mahomet se battent à armes courtes. l'Europe devenue franque épuise ses forces contre ce qui est pour elle retour de paganisme et menace satanique. Non contente de faire front d'Espagne, elle va frapper Satan au Tombeau de Jésus, noie la Croix dans le sang, conquiert pour un temps un morceau d'Asie et le perd bien vite. Pendant ce temps, des foules de croyants inermes et dévots se mettent en route, les unes pour Compostelle, les autres pour Jérusalem. Paradoxalement c'est un grand moment d'art monumental, statuaire et musical. C'est aussi le moment d'éclosion des nouvelles langues.