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Éditions Sulliver : actualité

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En exergue

«Regarde-toi parmi les morts-vivants qui tournent en rond: rien n'est détruit, tout est en place, la torture cérébrale tourne à plein régime, à la chinoise de Mao, "lavage de cerveau" même si aujourd'hui la Sainte Flibanque n'utilise plus ce terme (devenu tabou dans notre Société tragilibérale). Mais nous sommes quand même une bonne masse de losers, pense-t-il à voix haute, un bon troupeau bavant trimant vieillissant à même la rééducation par la surconsommation…»
Yann Bourven, Beffroi  

Guérilla solo

«Histoire, sommet avéré de la manipulation et de l’hypocrisie, tu as permis de fixer la mémoire. Et de la travailler, comme on fait d’une poterie! Un même événement, tu le présentes à volonté comme un vase à fleurs ou comme un vase de nuit. Mais les fleurs fanent, et le vase de nuit se remplit… Histoire, d’où provient l’odeur si particulière des trois millénaires sur lesquels nous sommes assis?…»
L'âge de cendre

«Hominidé sur le papier mais défense d’introduire dans vos phrases des guetteurs d’être,
Défense d’évoquer serait-ce à mots couverts la présence furtive dans les banlieues du dedans d’émotions alternatives susceptibles de mettre plus radicalement le feu aux foudres.»
Ils ont tué l'albatros

«L’ancienne réalité vomie, puis dans la dérision dissoute, les oripeaux de la raison du plus fort abandonnés au bord de la route, tout reparcourir, dans nos débandades, tout revisiter.
La dérive des continents et celle des mentalités, le lent affaissement de la démocratie et la fulgurante escalade des pics de pollution, la surconsommation et le sous-développement;
Les barrières de l’esprit humain et la chute du mur de Berlin, le culte des célébrités et la phobie des clandestins…»
La guérilla des poètes

«… cerveaux blancs idées noires, le zèbre ne court plus dans les savanes il est blotti dans les circonvolutions il attend son heure sa dernière il sait sa fin proche inéluctable, déjà les tigres du Bengale déjà les grands rhinocéros blancs ne se comptent plus en rayures sur son dos déjà les lions de l’Atlas déjà les gorilles du Congo bientôt les éléphants les bonobos sans parler des abeilles et lui-même ne se déplace plus guère en troupeau que dans les documentaires, il s’agit de traverser encore une fois cette sacrée rivière Mara il s’agit d’égayer de sa présence bigarrée la trop monotone procession de gnous couleur de boue il s’agit de faire sa part d’éclaboussures et une fois encore la nique aux crocos il s’agit d’accomplir consciencieusement cette ultime migration télévisée il s’agit de clôturer dignement le show en bon zèbre insoucieux des barbelés qui lui zèbrent la peau, il s’agit d’apporter à ces cerveaux blancs l’apaisement passager le salvateur relâchement de conscience du bon berger sachant prendre soin de ses animaux les guider vers les verts pâturages…»
La citadelle Espérance

Toujours d'actualité

«Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint
Georges BATAILLE

«On n’écrit de livre "digne" que: 1) si l’on pense que les livres sur le même sujet ou sur un sujet voisin tombent dans une sorte d’erreur globale (fonction polémique du livre); 2) si l’on pense que quelque chose d’essentiel a été oublié sur le sujet (fonction inventive); 3) si l’on estime être capable de créer un nouveau concept (fonction créatrice).»
Gilles DELEUZE

«Un artiste digne de ce nom ne se méprend pas sur le sens de son époque. Il souffre avec elle, il se prononce pour elle, et, sans jouer les Cassandre, il est la conscience du destin collectif où elle est entraînée. Il possède la lucidité; il possède aussi le pouvoir d’expression. Il est plus qu’un miroir ou un écho, il est le présent et l’avenir tout ensemble, et son expérience vivante s’inscrit sur l’expérience collective, pour la comprendre et la dépasser.»
Henri FLUCHÈRE

«De la poésie comme du pain? Ce pain devrait grincer sous la dent et réveiller la faim avant de l’apaiser. Et cette poésie devrait avoir le tranchant de la connaissance et l’amertume de la nostalgie pour pouvoir déranger le sommeil des hommes. Car nous sommes vraiment endormis, nous dormons par crainte d’avoir à nous percevoir, nous-mêmes et notre monde.»
Ingeborg BACHMANN