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Éditions Sulliver : actualité

Zealandia et la littérature... de prémonition

"La Société de géologie américaine a fait sensation cette semaine en publiant dans son édition de mars/avril 2017 sa décoiffante certitude de l’existence d’un "continent caché". Baptisé Zealandia, ce continent d’une superficie de 3,5 millions de km2 serait presque intégralement immergé au large de la Nouvelle-Zélande, au sud-ouest de l’océan Pacifique", a-t-on pu lire tout récemment dans Courrier international. Or, l'action principale du roman d'Anne Vernet, Les Années sans date, paru en 2014, se déroulait précisément à... Zealandia, et l'auteure faisait déjà référence à ce continent dans son premier roman, La Seconde Chance, paru en 2009.
Pouvoirs troublants de la création littéraire!...
http://www.sulliver.com/livre_anne-vernet-les-annees-sans-date_9782351221457.htm
http://www.sulliver.com/livre_anne-vernet-la-seconde-chance_9782351220573.htm

Rozenn Guilcher le 4 mars à la Librairie de Provence

Rozenn Guilcher présentera Déshabiller nos solitudes, son nouveau recueil de nouvelles, le samedi 4 mars à partir de 17 heures, à l'occasion d'une lecture-rencontre à l'espace "Littérature" de la Librairie de Provence, 31 Cours Mirabeau - 13100 Aix-en-Provence (04 42 26 07 23).
http://www.sulliver.com/livre_rozenn-guilcher-deshabiller-nos-solitudes_9782351221617.htm

Xavier Deville à Biviers le 10 mars

Dans le cadre du Prix du Livre C.E. 38, pour lequel il a été sélectionné, Xavier Deville présentera son roman Melville Street le vendredi 10 mars à la médiathèque de Biviers. La rencontre commencera à 18h30 et sera animée par Anne-Laurence Mazenq, journaliste à Fréquence Terre.
http://www.sulliver.com/livre_xavier-deville-melville-street_9782351221532.htm

En préparation

Littérature :

- André Bonmort, Ils ont tué l'albatros. Vingt et unième siècle. La «littérature de consommation» envahit l’espace et le temps médiatiques, impose la langue stéréotypée dont le Grand Consensus qui nous gouverne a besoin pour prospérer à marche forcée. Pourtant, derrière la pesanteur du vacarme organisé, une langue rebelle persiste en nous, elle attend son heure, et parfois affleure: une émeute émotionnelle alors bouscule le langage, y ouvre des chemins inexplorés… (Parution le 14 mars 2017.)

Marc Jaffeux, Un déicide. Un soir, le narrateur entrevoit un malheur à venir. Pour conjurer cette prémonition, un second récit s’impose alors en amples respirations. Le premier n’en poursuit pas moins sa fatale progression et nous projette sur la scène d’un hôpital, théâtre d’une spoliation extrême. Puis dans la chambre du «créateur» lui-même, où s’affrontent l’écran d’une machine informatique et un «je» désormais d’une inquiétante inconsistance –conclusion du déicide. (Parution le 10 mai 2017.)

- Sandrine Rotil-Tiefenbach, Karma X. Une jeune femme fantasme sur un homme entrevu dans un bar. Le désir devient bientôt obsessionnel, et s’étend à tous les hommes… Entrecroisant dans son délire amoureux les fruits défendus de son imaginaire, les bribes d’une réalité magnifiée et des éclats de mémoire enfantine, la narratrice se joue de tous les tabous. Et dessine, sous couvert d’une confession intime, un authentique portrait du désir féminin universel.

- Yann Bourven, Beffroi. «Réalité-jour»: la sauvagerie marchande  gouverne le monde, s’appuyant sur la «Sainte Flibanque». Pour lui échapper, Alan Beffroi cherche refuge dans sa «Réalité-nuit»: dérive nocturne dans la ville, rencontres improbables… le «dérèglement». Sous les coups de boutoir de l’imaginaire, les réalités s’inversent, la nuit prend le pouvoir. Voici Beffroi en cavale avec un enfant halluciné dans un monde sens dessus dessous qui n’est peut-être que l’expression de sa propre tempête mentale...

Pourquoi la littérature

La tendance amorcée depuis quelques années se confirme: notre catalogue accorde de plus en plus de place à la collection Littératures actuelles. Sans délaisser totalement les sciences humaines, il nous semble en effet que la littérature est actuellement plus à même de dire un monde complexe et sa rencontre (ou ses collisions!) avec une nature humaine qui y cherche sa place.

Le contraire de l’école

Une question nous est parfois posée quant à la volonté de créer, à travers la collection Littératures actuelles,  l’amorce d’une école littéraire.
Notre dessein se situe précisément à l’opposé. L’école littéraire est affiliation et souvent répétition, quand nous rêvons d’une littérature en constant renouvellement, élargissant sans désemparer le champ des possibles.

Le livre et ses chaînes

Probablement la fameuse "chaîne du livre" est-elle un peu rouillée. Ou bien des maillons forts ont-ils trouvé le moyen de l'utiliser à leur profit exclusif. Toujours est-il qu'il nous faut bien l'admettre, ainsi que des lecteurs nous le font régulièrement observer: noyés sous le flot du Grand Consensus, nos livres sont bien peu visibles aussi bien dans les colonnes des journaux que sur les tables des librairies.
Nous savons pourtant, pour croiser souvent leur route, qu'il existe toujours des libraires et des journalistes qui refusent d'abandonner le terrain à la pensée et à la sensibilité monolithiques de même que des lecteurs conscients de la salubrité de la bibliodiversité et désireux de s'abreuver à cette source multiple.
Vous qui nous rendez visite sur ce site, probablement êtes-vous l'un/l'une de ceux-là. Si vous avez trouvé ici ce que vous étiez venu(e) y chercher, alors un mot, un lien, un conseil de lecture adressés à un ami, à une connaissance que vous saurez sensibles aux valeurs et aux textes que nous défendons et ce maillon d'attention et de partage pourrait être l'amorce d'une nouvelle chaîne. Une chaîne autrement fiable. Résistante !

Toujours d'actualité

«Une langue morte n’est pas seulement une langue qui n’est plus parlée, ni écrite, c’est aussi une langue rigide qui se mire avec satisfaction dans sa propre paralysie. Comme le langage étatique, censurant autant que censuré. Acharné à remplir ses devoirs de maintien de l’ordre, il n’a d’autre désir ou dessein que d’entretenir l’expansion enivrante de son narcissisme exclusif et souverain. Bien que moribond, un tel langage n’est pas sans effet, car il contrecarre activement le fonctionnement de l’esprit, esquive la conscience, étouffe le potentiel humain.»
Toni MORRISON

« On n’écrit de livre "digne" que: 1) si l’on pense que les livres sur le même sujet ou sur un sujet voisin tombent dans une sorte d’erreur globale (fonction polémique du livre) ; 2) si l’on pense que quelque chose d’essentiel a été oublié sur le sujet (fonction inventive) ; 3) si l’on estime être capable de créer un nouveau concept (fonction créatrice).
Gilles DELEUZE

«Un artiste digne de ce nom ne se méprend pas sur le sens de son époque. Il souffre avec elle, il se prononce pour elle, et, sans jouer les Cassandre, il est la conscience du destin collectif où elle est entraînée. Il possède la lucidité; il possède aussi le pouvoir d’expression. Il est plus qu’un miroir ou un écho, il est le présent et l’avenir tout ensemble, et son expérience vivante s’inscrit sur l’expérience collective, pour la comprendre et la dépasser.»
Henri FLUCHÈRE

«Il y a dix mille façons de s’occuper de la vie et d’appartenir à son époque. Nous ne sommes pas pour que dans un monde désorganisé les intellectuels se livrent à la spéculation pure. Et la tour d’ivoire nous ne savons plus ce que c’est. Nous sommes pour que les intellectuels entrent eux aussi dans leur époque; mais nous ne pensons pas qu’ils puissent y entrer autrement qu’en lui faisant la guerre.»
Antonin ARTAUD