Éditions

code EAN :
9782351220153


Parution : 15/02/2008
format 13x20
96 pages
11 euros
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L'âge de cendre

André Bonmort

«Le savez-vous, oui ou non, que la planète est partagée en deux singulières moitiés? L'une cent fois mieux nourrie, l'autre dix fois plus peuplée!»

L’Humanité se regarde dans le miroir et ne se reconnaît plus: qu’ont fait d’elle les hommes, ses enfants? Elle les apostrophe, les fustige ou les implore, et dresse l’hallucinant inventaire des méfaits et misères de cette espèce engagée dans la spirale de l’autodestruction. Comment inverser ce mouvement qui ne cesse de s’accélérer? Comment aider l’homme à retrouver la part de lui-même qui seule pourrait encore le sauver: sa part d’humanité?

André Bonmort a également publié Insurrection du verbe être, Appel au possible, La Guérilla des poètes et La Citadelle Espérance aux éditions Sulliver au sein desquelles il s'efforce également, en tant qu'éditeur, de donner la parole à «la part fragile du monde».

Presse :

Méditation lyrique sur les malheurs de notre civilisation.
La Quinzaine littéraire

Les courts chapitres s'enchaînent, dressant un constat catastrophique de la situation actuelle de notre planète. Tous les thèmes sont abordés: de la passivité des hommes face aux injustices sociales au déni de l'engagement politique, de l'avachissement général à la bêtise ambiante en passant par les guerres et la mondialisation. La colère gronde à travers ces pages véhémentes et poétiques. C'est un chant lyrique que nous offre l'auteur, exalté par ses sentiments de rage et de désespoir.
Anne-Sophie Demonchy - Lalettrine.com

Un court texte à lire mais qu'il faudrait également entendre sur scène, tant ce monologue intérieur se déroulant sur le scandale du monde [...] est bien fait pour être dit.
Denis Chollet - Le Patriote

L'âge de cendre est un texte très singulier tenant à la fois du roman, du conte philosophique et politique [...] Un roman/essai très intéressant et fort original, un texte unique en son genre.
Marc Meneguz - Bibliotheca
 

Extrait :

Le Verbe, à la vérité, n’est plus incarné. Il n’est plus l’aboutissement d’un souffle profond, qu’une haleine ardente véhiculait. Des bouches vides ont pris possession des écrans. Elles organisent le monde en show permanent, aux programmes sans cesse renouvelés: Blocus à la Havane; On a volé Pinochet; Sarajevo mon amour; Srebrenica mon regret; Le maître de Bagdad; Les oubliés de Kaboul; Les urnes de Miami; Pour toi Jérusalem; Rendez-vous à Téhéran; Aventures en Somalie… Un feuilleton quotidien aux rebondissements savamment orchestrés…
Le réalisateur n’omet jamais de faire apparaître au générique la statue de la Liberté, sur fond de décombres éternels de deux tours à jamais jumelles. Le flambeau goguenard est un gigantesque pied de nez à la face du monde anesthésié.

La guerre larvée est une paix armée; les pays pauvres des pays en voie de développement; voici la faim ravalée au rang de malnutrition; et le seuil de pauvreté évoque l’entrée avenante d’une résidence pour tierce humanité!... Les bouches sont expertes en mots ampoulés. Le galimatias et l’amphigouri sont leurs terrains de prédilection. Des sables mouvants où elles se complaisent à voir leurs auditeurs s’enliser, condamnés ainsi à continuer à les écouter. Car du nombre des embourbés, et de l’intensité de leur béance, dépend la santé de l’audience, la déesse aux mille oreilles, régulièrement auscultée. Et de la réponse de cet oracle dépend la survie des bouches!
C’est pourquoi les bouches ne reculent devant aucune compromission, pour vivifier l’audience!... Faut-il travestir la futilité la plus insignifiante en gravité affectée? Elles s’appliquent avec complaisance à la confection du masque. Faut-il obliger des âmes simples à s’exhiber au-delà de toute décence? Elles usent des plus grossiers artifices, pour faire tomber les barrières du respect. Faut-il encore vanter des mérites dont elles savent trop bien qu’ils sont usurpés? Elles tressent avec la plus diligente application leurs malséants colliers de louanges…
Affublée des oripeaux affligeants de ses déguisements successifs, la vérité n’est plus qu’une loque agonisante. Un pantin, que l’on rend présentable, le temps d’une émission, à grand renfort de maquillage et de produits dopants…