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Éditions Sulliver : actualité

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Guérilla solo

«Bréviaire des avanies, Toboggan pour l’abîme et Le Chaos sans peine sont les titres qui chaque soir se mélangent sur nos écrans dans la même soupe de cervelle et sans transition le talk-show basses calories nous ouvre en grand les portes rose fluo des folles nuits du Tout-Paraître, troquons en cette si alerte compagnie la dureté des temps pour la douceur de l’oubli, effaçons de nos esprits ces frères et sœurs bafoués dont nous venons d’entrevoir le corps à corps avec l’agonie, différons une nouvelle fois le réveil de la rage dont le sommeil agité tape du poing dans notre poitrine…»
La citadelle Espérance

«Nous-mêmes, les poètes, avons rendu les armes depuis des décennies. Nous-mêmes avons abandonné le terrain de manœuvres à la bêtise.
La bêtise que nous avons bêtement sous-estimée! La bêtise qui sut si intelligemment retourner les mots pour s’en faire des alliés!
Des agents doubles dévoués, qui ont patiemment miné le langage de l’intérieur: prônant les vertus de la justice et de la probité, et dans le même discours les assassinant; du sens commun magnifiant démesurément l’adjectif, et vidant à grands seaux le substantif de sa substance, de mots d’ordre tonitruants en lénifiants commentaires, de soporifiques fictions en documentaires tronqués.»
La guérilla des poètes

«Bel ouvrage que ce stagoulag néolibéral,
La parole productiviste y moutonne à l’infini, nulle gorge nulle coulée où pourrait s’infiltrer la glande salivaire,
J’en imprime mes organes, j’en prends note dans mes chairs.
Enceinte cent fois reproduite à l’identique en autant d’ondes concentriques,
Dans le cercle le plus lointain les internés d’internet peaufinent inlassablement l’humanité.org.»
Ils ont tué l'albatros

Toujours d'actualité

«En dehors du désir de supprimer les mots dont le sens n’était pas orthodoxe, l’appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer.»
George ORWELL

«Une langue morte n’est pas seulement une langue qui n’est plus parlée, ni écrite, c’est aussi une langue rigide qui se mire avec satisfaction dans sa propre paralysie. Comme le langage étatique, censurant autant que censuré. Acharné à remplir ses devoirs de maintien de l’ordre, il n’a d’autre désir ou dessein que d’entretenir l’expansion enivrante de son narcissisme exclusif et souverain. Bien que moribond, un tel langage n’est pas sans effet, car il contrecarre activement le fonctionnement de l’esprit, esquive la conscience, étouffe le potentiel humain.»
Toni MORRISON

«Telle est la supercherie de nos démocraties: elles tiennent le citoyen informé comme jamais mais dans une langue close qui, annihilant en elle la fonction imaginante, ne lui donne accès qu’à un réel sans profondeur, un aplat du réel, un mensonge. C’est une logorrhée qui noie le poisson du sens.»
Jean-Pierre SIMÉON

«Les mots sont faits pour scintiller de tout leur éclat. Il n’y a pas de limite concevable à leur agencement parce qu’il n’y a pas de limite à la couleur, à la lumière. Il n’y a pas de mesure à la mesure des mots. Il ne viendrait à l’idée de personne de mettre un frein à la clarté nue de midi en été. Les mots. Silex et diamant. Votre rôle est de fouiller là-dedans à pleines mains au petit bonheur. Pourvu que ça rende le son qui est en vous au moment où vous écrivez.»
Louis CALAFERTE

Le livre et ses chaînes

Probablement la fameuse "chaîne du livre" est-elle un peu rouillée. Ou bien des maillons forts ont-ils trouvé le moyen de l'utiliser à leur profit exclusif. Toujours est-il que les maillons faibles ont bien du mal à ne pas craquer.
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