Éditions

code EAN :
9782351222768


Parution : 11/01/2022
Format 13x20
112 pages
11 euros

» Commander « retour
Email Facebook Twitter Google Plus

L'osmonde

André Bonmort

Sens-la, en cette matinée, respire sa lutte,
Ressens-la dans ton corps même, facilite ses avancées, défriche les pistes qu’elle pourrait emprunter dans son obstination à irriguer l’espèce,

Éprouve sa folle attente, ces siècles à guetter l’étincelle,
À scruter l’âme du fil conducteur dans l’espoir de voir s’illuminer l’Histoire.
Et soutiens
Soutiens la trébuchante lumière.

La périlleuse épopée de la pensée confrontée à un temps qui la dénie, son combat pour sa survie –et pour la nôtre– dans un monde où «l’heure est venue d’essayer l’impossible».

Les livres d’André Bonmort élaborent le récit d’une conscience en rupture. Proposant une autre grille de lecture de notre époque, ils visent à briser les schémas mentaux dominants, appellent à rétablir dans ses droits la cohésion du vivant.
L’Osmonde prolonge le cycle poétique amorcé avec Ils ont tué l’albatros et L’âme avance masquée.

 

Extrait :

Elle gouverne au cycle des encres et dicte la sentence des siècles.
Déclin, déchéance ou dégénérescence, rien d’inhabituel,
Là-haut, à mi-chemin d’un autre soleil, s’est amorcée la dérive,
La prescience anxieuse que rien n’est éternel s’est infiltrée dans ce lopin d’espace et soudain le temps presse,
Une autodestruction assumée a saisi le timon et sur les houles sans rives des déserts cérébraux
Il brûle des vaisseaux,
À l’horizon de nos cieux inflammables, des foudres s’amoncellent.

Mais en miroir, d’au-delà des confins, là où est claire encore l’eau de l’être, s’annoncent des aspirations nouvelles
Et des intuitions, des prémonitions, une avant-garde bohème tantôt recueillie, tantôt exaltée s’avance dans un clair-obscur de conscience,
Portée par la même volonté de rajeunir le penser,
D’atteindre au basculement de la vraisemblance, refusant de se restreindre au trop étroit raisonner.
La pensée se repeuple.
Régnant sur l’indicible dans le demi-jour des volontés ignorées, elle tisse l’étoffe de l’insu, faisant de nous des veilleurs somnambules.
Notre addiction aux mirages, nos accès de manque, nos regards égarés,
Autant de marques d’allégeance, autant de prosternations devant l’Inconnu majuscule qu’elle personnifie.
L’osmonde pour sceptre, pour couronne un diadème de fleurs arctiques, elle feint la vie végétative
Mais derrière son masque de sphinge se devine la grandeur de l’inexprimé
Et devant nos yeux encore inaptes à les pénétrer, combien d’assomptions païennes,
Combien de révélations tues dont nous sommes les visionnaires aveugles.

petit nuage
fiction pensante ◦ conte philosophique ◦ roman-poème ◦ littérature alternative ◦ manifeste poétique ◦ poésie active ◦ spiritualité ◦ Jorge Luis Borges